Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 14:23

Nb : certaines photos de cet article peuvent impressionner les plus jeunes ou les plus sensibles... Bonne lecture.




En ce dimanche 8 février 2009, j'ai eu une occasion unique d'assister à une fête hindoue, célébrée uniquement par la communauté tamoule : TAIPUSAM ( prononcer : ta ï pou sam).
Il fallait y assister pour le croire, tant ce que j'y ai vu était impressionnant et surprenant.

Cette fête se déroule chaque année 
au 10ème mois lunaire du calendrier tamoul, car c'est à ce moment là, que "Pusam" (constellation qui symbolise l’étoile du bonheur), illumine le ciel. Selon la doctrine hindoue, ce jour là, le soleil, la lune et les planètes alignés, favorisent la spiritualité.

Lors de Thaipusam, les Tamouls vont témoigner de leur foi pour le Dieu MURUGAN, frère de Ganesh, et fils de Shiva et de Pârvatî, qui combattit le mal en tuant le géant Târaka. Ils implorent alors le pardon de Murugan, pour expier leurs fautes. Ainsi, pour l'honorer, ils vont défiler avec des offrandes qu'ils portent sur la tête, et pour certains en "s'infligeant" des supplices.

La préparation de cette journée d'expiation commence au moins 48 jours avant, pendant lesquels les hindous ont un régime strictement végétarien, avec prière et abstinence, nécessaires pour pouvoir supporter la douleur de cette lente procession.

Le jour même, après des ablutions purificatrices, et devant de nombreuses offrandes
(fruits, fleurs, coupelles de lait), entouré de sa famille et de ses amis qui chantent des prières incantatoires, le pénitent entre progressivement en transe (avec l'aide de la fatigue du jeûne purificateur probablement !).

Pendant ce temps, on lui perce la peau du front, des joues, la langue avec des aiguilles de tailles différentes (!!!) sans la moindre goutte de sang, ni même le moindre cri de douleur ! Simplement hallucinant !




Certains se voient "affublés" de petits crochets dans le torse et le dos où pendent des citrons verts (symboles de
pureté)


 



M
ais le pire (ci dessus), ce sont ceux dont les crochets (entre 5 et 10 cm) enfoncés dans la peau du dos servent à tirer un chariot avec une statue de Garunam ! Dans un autre genre, les fines piques dans le torse, le ventre et le dos, et les barres dans le bas ventre et le bas du dos, qui soutiennent  le "Kavadi", cette sorte de cage en acier très lourde (pour la soulever ils sont facilement 5 !), et qu'un seul homme porte tout le temps de sa procession ...!

Voici le dos (Notez les piques plus grosses plantées dans le bas du dos ... )

et là le ventre, avec la peau tirée par les pointes des piques, et le bas ventre percé ... !




A Singapour, la procession, composée de chaque pénitent et de ses amis portant les offrandes ,  a lieu entre Little India et le temple hindou situé à Chinatown, 4,5 km. Chaque fois qu'ils passent devant un temple, ils entonnent des chants religieux et le pénitent en pleine transe mystique se livre à une danse rythmée.
Sur le parcours, nombreux sont les dévots, sans aiguilles, ni Kavadi, ni offrande, qui sont en transe !





Je n'ai pas vu l'arrivée au temple de Ganesh, mais c'est dans un état plus que second (transe, bave au lèvre, yeux exorbités, paraît-il !) qu'ils déposent leurs offrandes au pied de l'autel sacré. Ils enlèvent ensuite leurs pics, lances, crochets et Kavadi, sans la moindre douleur ( !?), et toujours sans la moindre goutte de sang, tout en revenant tout doucement au monde, comme dépossédés...


Je ne regrette pas mon lever matinal à 5h30 qui m'a permis d'assister à cette spectaculaire célébration.
Un hallucinant témoignage de ferveur religieuse, et d'une culture radicalement différente.

Eve



Ah oui  !  j'oubliais, le modèle " brochette de bras" ! :


Par Eve et Nicolas - Publié dans : découvertes culturelles
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